Chargement...
Partageons nos idées sur Energies Africa et les projets à financer.
L’Agriculture biologique : un levier de développement durable pour l’Afrique

L’Agriculture biologique : un levier de développement durable pour l’Afrique

Un levier de développement durable pour l'Afrique.

L’Agriculture biologique : un levier de développement durable pour l’Afrique


L’agriculture est une activité inhérente à l’humanité. Aujourd’hui, suite à une baisse de la quantité de la production agricole mondiale, les investisseurs et les visionnaires tendent à axer leurs fonds vers le soutien à des producteurs agricoles. Leur but est de prévenir les risques d’insécurité alimentaire mondiale, qui en ce moment, constitue une menace pour l’humanité.


Sur le marché international, les demandes en produits agricoles sont plutôt axées vers les produits biologiques, notamment pour des raisons sanitaires. L’Afrique est un continent qui dispose d’un très grand potentiel agricole inexploité, d’où l’incitation aux initiatives de projets agricoles biologiques et la sensibilisation pour le financement des producteurs locaux.


Qu’est ce que l’agriculture biologique ?


L’agriculture biologique est un système de production agricole qui s’effectue en respectant plusieurs normes écologiques et sanitaires. Il s’agit principalement d’un mode de production naturel, initié en 1920 suite à une collaboration entre plusieurs acteurs dont : des agronomes, des médecins, des agriculteurs et des consommateurs.


L’objectif de cette méthode de culture est de réaliser une production respectueuse de la nature et de préserver la santé des consommateurs. En effet, la promotion des intrants agricoles chimiques et la pratique de manipulations génétiques sur les produits agricoles durant les 3 dernières décennies ont engendré de graves conséquences, tant au niveau sanitaire qu’au niveau écologique.


Aujourd’hui, il est devenu plus que nécessaire de s’orienter vers un système de production plus écologique. La pratique de l’agriculture biologique nécessite cependant le respect des équilibres naturels. Ainsi, dans certains pays une certification est nécessaire pour pouvoir commercialiser des produits agricoles biologiques.


Dans quel contexte agricole l’Afrique est-elle actuellement ?


De nos jours, une infime proportion des terres cultivées en Afrique a pu bénéficier de la certification Bio, alors que ce continent dispose de plusieurs potentiels agricoles sous exploités.


L’accès à la certification biologique est encore très difficile pour les paysans africains. Seuls les produits destinés à l’exportation sont soumis à la certification Bio. Suite à un manque de financement et à l’incertitude de trouver des débouchés pour leurs produits, la plupart des paysans africains optent pour la production utilisant des intrants chimiques.


En outre, la population Africaine ne priorise pas le mode de production biologique par crainte d’insuffisance de rendement, qui pourrait entrainer une insécurité alimentaire pour son pays. En pratique et à court terme, l’utilisation des intrants chimiques peut effectivement accroître considérablement la production. Toutefois, sur le long terme, il a déjà été démontré que l’utilisation d’agents chimiques dans la production agricole aboutit fatalement à la détérioration des terrains, ainsi qu’à divers problèmes sanitaires.


D’autre part, la population africaine a été victime d’un problème d’accès aux terrains et d’un problème d’appropriation financière, qui ont constitué un blocage au développement de l’agriculture.


Pourquoi investir dans l’agriculture biologique en Afrique ?


L’agriculture biologique a pour but de promouvoir la durabilité au niveau alimentaire. Elle constitue une alternative aux cultures basées sur les produits chimiques et permet de garantir une bonne gestion des ressources alimentaires pour satisfaire au mieux les besoins humanitaires. L’Afrique est un continent où le potentiel des terrains agricoles est incomparable aux autres. A la fois vastes, riches et productifs, les terrains cultivables en Afrique sont parfaitement adaptés à l’agriculture biologique. Pour les investisseurs, ce type d’agriculture est une réelle opportunité d’investir dans des projets à faibles risques, mais très prometteurs.


La croissance de la demande en produits issus d’une agriculture biologique ne cesse d’augmenter au niveau mondial. En Europe, de plus en plus de consommateurs préfèrent les produits Bio aux produits standards. Les producteurs africains qui se lancent dans l’exportation internationale pourront ainsi mieux rentabiliser leurs exploitations par le biais de la transition à l’agriculture biologique.


L’autre raison incitant la plupart des financeurs à se tourner vers l’agriculture biologique en Afrique concerne le potentiel humain que le pays offre. Aujourd’hui encore, un grand nombre d’Africains sont en quête d’emploi et de salaire stable. Entreprendre des projets d’agriculture biologique sur le continent revient alors à créer de nouvelles opportunités d’emplois pour de nombreux Africains. De plus, le développement de l’agriculture biologique pourrait être une occasion pour les habitants de bénéficier d’une meilleure rémunération. Quel que soit le pays, les produits Bio sont commercialisés à des tarifs plus onéreux que les produits standards.


L’agriculture biologique s’appuie sur des méthodes de culture modernes et optimisées pour la préservation de la santé publique et de l’environnement. Par conséquent, elle constitue une solution efficace pour éviter les risques d’érosion et de dégradation des terres cultivables, qui ont longuement été souillées par les techniques traditionnelles comme les monocultures, l’agriculture sur brûlis, le surpâturage et l’utilisation des intrants chimiques. La transition vers l’agriculture biologique permet non seulement de garantir des ressources alimentaires stables, mais contribue aussi à la protection des sols, et donc de l’environnement.


Quels sont les besoins de l’Afrique en matière d’agriculture biologique ?


Bien que l’agriculture biologique intéresse les cultivateurs africains, elle est très peu pratiquée dans le continent. Les facteurs entravant la réalisation de ce genre de projets sont nombreux. D’abord, il s’agit d’une nouvelle technique de culture non maitrisée par la plupart des producteurs locaux qui ne peut pas se passer des produits chimiques face aux conditions locales existantes. Les pesticides et les fongicides leur semble par exemple indispensables pour éradiquer les nuisibles sur les champs. D’un autre côté, les engrais chimiques sont, à leurs yeux, la solution la plus pertinente pour assurer un meilleur rendement de production.


En outre, le manque de ressources financières constitue un blocage majeur à l’agriculture biologique en Afrique. Le rendement des précédentes cultures ne suffit pas à combler les coûts relatifs à l’adoption de l’agriculture biologique. Issus d’une méthode de culture traditionnelle, les précédents produits commercialisés ne répondent pas aux critères de sélection sur les marchés nationaux et internationaux et se vendent à des prix bon marché. En même temps, les cultivateurs disposant d’assez de ressources n’osent pas se lancer par crainte de devoir se procurer de nouveaux matériels coûteux pour ensuite obtenir un rendement faible.


La minorité qui a adopté l’agriculture biologique peine à exporter ses productions suite à un manque de visibilité sur le marché international. De plus, les procédures d’exportation sont longues et souvent très coûteuses. Ces obstacles réduisent fortement les effectifs des producteurs intéressés par une éventuelle transition à l’agriculture biologique.


Face à ces difficultés, les principaux besoins de l’Afrique en matière d’agriculture biologique ont été identifiés :


- Besoin en accompagnement technique


Des projets de sensibilisation, d’initiation et de formation des cultivateurs aux techniques d’agriculture biologique devront être lancés. Parallèlement, un apprentissage soutenu sur les matériels innovants utilisés comme alternative aux produits chimiques devrait être envisagé.


- Besoin en financement


La nécessité de recherche de financement des projets de promotion de l’agriculture biologique se fait également ressentir. Le déploiement d’un appui financier à destination des producteurs en difficulté contribue à faciliter l’accès aux matériels et fertilisants biologiques.


- Appui institutionnel


Des initiatives d’appui à la visibilité par l’encouragement des producteurs africains à présenter leurs produits sur le marché international doivent être mises en place. De même, des solutions de facilitation des procédures d’exportation par une implication majeure des organisations publiques responsables de l’exportation des produits locaux doivent être envisagées. Il est également primordial d’alléger les charges fiscales liées à l’exploitation des cultures biologiques.


Comment trouver un financement pour un projet d’agriculture biologique en Afrique ?


Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour trouver un financement au lancement d’un projet d’agriculture biologique en Afrique :


- L’emprunt


L’emprunt est la source de financement la plus utilisée par les producteurs en Afrique. Son principal avantage est qu’il permet d’obtenir une liquidité rapide, voire immédiate. En fonction de son profil, et de ses besoins, le producteur peut avoir à sa disposition de grosses sommes d’argent. Toutefois, les emprunts sont octroyés à des taux d’intérêts très élevés et ne sont accessibles qu’aux producteurs dont le profil répond aux conditions d’éligibilité préalablement identifiés. En cas de d’échec du projet, l’emprunt expose également les producteurs à des problèmes d’endettement et de difficulté de remboursement.


- Aides, Dons et Subventions


Les aides et les subventions constituent également des moyens de financement indispensables aux agriculteurs locaux pour financer leurs projets d’agriculture. En effet, dans certains cas, les producteurs peuvent bénéficier d’une aide de la part de l’Etat ou de certaines ONG qui visent la promotion de l’agriculture biologique. Il s’agit d’un mécanisme de financement très avantageux, car il est possible de bénéficier d’un financement sur fonds perdus ou emprunt à moindre taux d’intérêt. Cependant, l’attribution des fonds aux aides et aux subventions sont très sélectives et difficilement accessibles à certains producteurs. De plus, le nombre de bénéficiaire est souvent limité et déterminé par les fonds disponibles.


- Le Crowdfunding


Le crowdfunding est un système de financement participatif basé sur les apports financiers de plusieurs acteurs privés qui souhaitent investir leur argent dans des projets pertinents. Grâce à ce système, il est possible pour les producteurs qui ne disposent pas des fonds nécessaires à la réalisation de leurs projets de trouver facilement un financement. Ce moyen de financement est avantageux, puisque tous les acteurs du système y sont gagnants. D’un côté, les producteurs pourront facilement dénicher des fonds pour réaliser leurs projets et d’un autre côté, les investisseurs peuvent jouir du fruit de leur investissement.


Par ailleurs, les préférences des investisseurs en termes de financement dépendent également de la qualité du projet d’agriculture biologique. La recherche de fonds nécessite un travail laborieux et méthodique qui consiste à prendre en compte des leçons apprises durant les anciennes expériences. Cela commence par la collecte d’informations et la consultation de techniciens et spécialises en Agriculture et en business ou plus efficace spécialistes en agribusiness.


Pour réduire les risques d’échec, la mise en œuvre d’une initiative d’identification du type de production adapté aux conditions locales, notamment au terrain, au budget et au contexte régional est nécessaire. Aussi, un accompagnement aux cultivateurs concernant l’élaboration d’un business plan conforme aux attentes des investisseurs et une initiation à l’analyse du marché de l’offre et de la demande devront être lancés.